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Toutes races laitières - Les grandes races menacées de consanguinité

   A l’avenir, les éleveurs devront considérer un haut niveau de consanguinité élevé des taureaux comme un défaut majeur à éviter, pour garantir une maîtrise des problèmes génétiques à long terme. 
   « Les grandes races sont de petites populations au regard de la variabilité génétique et ce phénomène est accentué par la concurrence entre les centres et entre pays », présente Sophie Mattalia du département génétique de l’Institut de l’élevage (*). La consanguinité s’est sévèrement aggravée, notamment en race Prim’holstein, comme le montre ce bilan sur la variabilité génétique. « A l’heure actuelle, quelle que soit la race, il ne faut qu’une dizaine d’animaux pour reconstituer 50 % du patrimoine génétique de la race », dévoile Sophie Mattalia. C’est en étudiant le nombre d’ancêtres qui ont le plus contribué au patrimoine génétique de la population de référence que les chercheurs en sont arrivés à ces conclusions. « Le nombre d’ancêtres expliquant à eux seuls la moitié des gènes a été divisé par 3,5 en race prim’holstein et par 2,5 en race montbéliarde entre 1988 et 2003. »

La consanguinité s'accroît dans les grandes races
   « La consanguinité moyenne dans les grandes races s’accroît et le rythme d’accélération n’a pas l’air de s’arranger », ajoute-t-elle. « Aujourd’hui, nous avons des niveaux moyens de consanguinité compris entre 3 et 4 %. » Et de préciser qu’un niveau de 3 % correspond à des animaux qui ont au moins un parent commun. Un niveau de 6 % est atteint lorsque les animaux ont des parents cousins germains. « Le rythme d’élévation du taux de consanguinité par an est entre 0,06 et 0,22 et le plus fort taux est rencontré dans les races holstein et montbéliarde. Les grandes races sont finalement à des niveaux de consanguinité un petit peu supérieurs au niveau des autres races. »
   En analysant les pedigrees des taureaux holsteins utilisés dans différents pays, la spécialiste a montré que le fait d’utiliser un taureau étranger ne permet pas forcément d’ouvrir les schémas en terme de variabilité génétique. « En nous mettant en relation avec des professionnels canadiens, nous avons observé que les taureaux américains et canadiens ont des niveaux de consanguinité supérieurs, mais peut être est ce en partie du au fait qu’ils ont une connaissance meilleure de leur pedigree. Au niveau mondial, 30 pères à taureaux représentent 50 % des taureaux étudiés dans une évaluation internationale et donc utilisés pour l’IA. Nous exploitons donc tous les mêmes ressources génétiques. Nos taureaux holsteins sont autant apparentés aux taureaux américains que les taureaux américains entre eux. Ce n’est donc pas parce qu’on va chercher des taureaux à l’étranger que l’on va augmenter la variabilité génétique », conclut la spécialiste. « Par ailleurs, au niveau de la population européenne, le problème est quasiment le même en France et dans les autres pays. C’est un problème général et nous n’avons rien à envier aux autres pays européens. »

« 10 taureaux pour procréer une série de testage »
   Dans la race montbéliarde, du sang holstein (red) a été injecté dans les années 1980-1990. Ces apports extérieurs ont eu un impact modéré et actuellement, la situation est maîtrisée en race montbéliarde avec une part de gène red holstein maintenue à 5 %. En race abondance, la volonté de suppression totale du red holstein au niveau de la race n’est pas sans risque. « Cette éradication du sang holstein visant à éliminer les taureaux qui ont un ancêtre holtein devra être bien gérée par la race », prévient Sophie Mattalia, « car il peut être lourd de conséquences sur la variabilité génétique des populations à venir ». 
   « Ces dernières années, on a toutefois noté une inflexion dans cette montée de la consanguinité, mais il faudrait que les efforts soient encore plus intenses si on ne veut pas arriver à des problèmes inhérents à la variabilité génétique. Il est nécessaire pour toutes les races laitières françaises de rechercher rapidement des moyens de maîtriser la variabilité génétique, facteur essentiel pour la viabilité des programmes de sélection à court terme. »
   A l’origine de cette concentration génétique se trouvent la réduction de l’intervalle entre générations, la concurrence de plus en rude entre pays et le recours massif à l’insémination artificielle, principale source des goulots d’étranglement. «En race prim’holstein, le nombre de taureaux utilisés a énormément baissé au cours du temps. Par exemple, dans les années 1970-80, entre 100 et 120 taureaux étaient utilisés pour procréer une série de testage. Aujourd’hui, ce sont entre 30 et 50 taureaux. En race montbéliarde, dans les pires années, on est descendu à 10 taureaux utilisés pour procréer une série de testage. Et dans l’année la plus mauvaise de la race holstein, il n’a fallu que 6 taureaux pour procréer 80 % des pères à taureaux. Le constat est le même sur la population femelle jusqu’au milieu des années 1990. Si on rajoute à cela le fait que les taureaux ont été utilisés plusieurs années de suite sur la voie femelle et sur la voie mâle, on voit l’étendue des goulots d’étranglement que cela a pu créé. »

(*) Source : « La variabilité génétique des huit principales races bovins laitières françaises : quelles évolutions, quelles comparaisons internationales ? » S.Mattalia, C.Danchin-Burge, M.Brochard, P. Le Mezec, S. Minery, Département génétique de l’Institut de l’élevage, A.Barbat, Station génétique quantitative et appliquée de l’Inra, G.Jansen, Dekoppel Consulting (Canada), B. Van Doormaal, Canadian Dairy Network, E.Verrier, UMR Génétique et diversités animales Inra-InaPG, Rencontres Recherches Ruminants, décembre 2006.

Nathalie Petit Web-agri 14/12/2006
L'hégémonie bousculée de la Holstein, reine des vaches laitières 
   [ 22/09/2006 9:16 ] La Holstein, race de vache laitière largement majoritaire en France comme aux Etats-Unis, rencontre aujourd'hui de graves problèmes de fertilité, dus notamment à la consanguinité, qui poussent éleveurs et organismes professionnels à chercher de nouvelles manières de produire. 
 
   Développée aux Etats-Unis, la race Holstein a été introduite en France et dans les pays européens après guerre et n'a pas tardé à prendre la place des races locales grâce à son incroyable production laitière, encore améliorée par une rigoureuse sélection génétique. La Holstein représente ainsi 70% des vaches laitières françaises.
   Cependant, à force de favoriser le caractère laitier lors de la sélection génétique, la rançon pour la race Holstein a été un fléchissement brutal de la fertilité, une plus grande fragilité et des tares génétiques. Ces maux ont commencé à se faire sentir au milieu des années 1990 aux Etats-Unis pour toucher ensuite une Europe majoritairement conquise par la belle américaine.
   "Il y a un antagonisme entre la sélection sur des critères laitiers et la fertilité", explique le directeur général de l'Union régionale d'élevage de l'Ouest, Thomas Krychowski. Or, depuis les années 1970, "toutes les unités de sélection génétique ont privilégié la production laitière".
   "Certains élevages américains ne sont plus qu'à 20% de fécondité", raconte Jérôme Chateau, vétérinaire spécialisé dans l'importation de semences et d'embryons de vache normande aux Etats-Unis, qui permettent aux éleveurs des croisements pour relancer leurs troupeaux.
   "La fertilité est une fonction de luxe et la production laitière demande trop d'énergie à la vache", explique-t-il, s'emportant contre les centres d'inséminations qui ont montré un réel "dirigisme génétique au cours des dernières années" des deux côtés de l'Atlantique.
   En France, la baisse de la fertilité est moins accentuée, à environ 40%, qu'aux Etats-Unis. "La différence, c'est la loi sur l'élevage qui organise la production et permet de maîtriser l'information sur les antécédents des vaches. De plus petite taille, les élevages laitiers choisissent les taureaux les plus appropriés en tenant compte de la consanguinité", indique Ludovic Miltgen, responsable de Gènes Diffusion, un centre de production de semence.
   Pour redresser la barre, la France, qui n'a pas une culture du croisement aussi forte qu'aux Etats-Unis, a préféré ajouter de nouveaux critères de sélection génétique, tels que les caractères fonctionnels. Ces derniers favorisent les vaches fertiles qui vieillissent bien et n'ont pas de problèmes de santé.
   Vincent Ducrocq, scientifique à l'Inra, est convaincu qu'on peut "renverser la vapeur si on met le paquet" au niveau de la sélection génétique, comme l'ont déjà fait avec succès certains pays nordistes.
   L'autre solution pour les éleveurs est de se tourner vers une autre race de vache comme la Normande ou la Montbéliarde. Mais changer de troupeau coûte cher, ce qui freine cette tendance, selon Thomas Krychowski. 



Maître Goupil (anti-ravageurs naturel)
et la Normande (très grande laitière et bonne bouchère)


Photo : Luc BZH, Merci  

Ainsi est présenté un salon qui n'existe pas encore.

Pas de Salon Agricole en Bretagne ?

Le S.P.A.C.E. à Rennes n'est pourtant pas une petite réunion d'agriculteurs.
Rennes se trouve bien en Bretagne.
Les Terralies de Saint-Brieuc ne sont pas immenses. C'est un salon bien achalandé et bien organisé.
Les dates choisies par Ouestagri sont les même que Les Terralies.
Hasard ou volonté de nuisance ?

La Bretagne terre d'élevage n'a pas besoin d'une lutte basée sur la mauvaise foi.
Il y a certainement de la place pour tout le monde et une date plus judicieuse

 

Dernière mise à jour: lundi 29 octobre 2012